Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h

Épargne salariale : 230 milliards d’euros et un cadre législatif renforcé

Thumbnail [16x6]

Les encours d’épargne salariale ont atteint un niveau record fin 2025, portés par les évolutions législatives récentes. Derrière ces chiffres, des opportunités concrètes pour vos clients salariés et dirigeants de PME.
 

Un marché en pleine expansion, structurellement porté par la loi
Fin 2025, les Français détenaient près de 230 milliards d’euros placés sur différents produits d’épargne salariale, en progression de 15 % sur un an. C’est un niveau record selon les chiffres publiés le 19 mars par l’Association française de la gestion financière (AFG). 

 

Depuis 2019, les encours ont bondi de 58 %, une hausse qui n’est pas le fruit du hasard mais le résultat direct des évolutions législatives successives : la loi Pacte de 2019 d’abord, qui a simplifié les dispositifs et favorisé leur diffusion, puis la loi de 2023 sur le partage de la valeur, qui a considérablement élargi le périmètre des entreprises concernées.
 

Dernière avancée majeure : depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés sont désormais tenues de mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur, par exemple un plan d’épargne salariale. Cette obligation légale ouvre un champ considérable pour le conseil patrimonial. D’un côté, les dirigeants de PME doivent se mettre en conformité et choisir le dispositif le plus adapté à leur structure et à leur politique salariale. De l’autre, des centaines de milliers de salariés découvrent pour la première fois l’épargne salariale et ont besoin d’être accompagnés pour comprendre les mécanismes de placement, les avantages fiscaux associés et les conditions de déblocage. Pour le dirigeant, le choix du dispositif n’est pas neutre : intéressement, participation, prime de partage de la valeur ou abondement n’obéissent pas aux mêmes règles de calcul ni aux mêmes plafonds d’exonération. 
 

PEE et PERECO : les deux piliers du dispositif à maîtriser
Le plan d’épargne entreprise (PEE) reste le produit phare du marché, proposé par 403 000 entreprises pour un encours total de 191 milliards d’euros. Son fonctionnement est bien rodé : les salariés y placent les montants issus de l’intéressement, de la participation ou de la prime de partage de la valeur, et bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu sur les sommes investies, ainsi que d’un cadre fiscal allégé sur les plus-values à la sortie. Les fonds sont en principe bloqués cinq ans, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi : acquisition de la résidence principale, mariage, naissance d’un troisième enfant, rupture du contrat de travail, entre autres. Autant de situations à connaître pour orienter vos clients au bon moment.
 

Le plan d’épargne retraite d’entreprise collective (PERECO) complète le dispositif avec 39 milliards d’euros d’encours, en hausse de 14 % sur un an. Les fonds y sont principalement bloqués jusqu’au départ à la retraite, offrant un horizon long qui permet une allocation plus dynamique. En 2025, les flux entrants provenaient majoritairement de la participation et de l’intéressement pour 13,6 milliards d’euros, puis des versements volontaires des salariés pour 4,9 milliards et de l’abondement des entreprises pour 4,7 milliards.
 

Ces trois leviers constituent autant de points d’entrée dans le conseil patrimonial. L’abondement de l’employeur, en particulier, reste un avantage massivement sous-exploité : de nombreux salariés ne versent pas suffisamment pour en bénéficier pleinement, faute d’information ou de conseil. 

 

Un simple rappel de ce mécanisme peut faire une différence de plusieurs centaines d’euros par an. Il est également essentiel de rappeler à vos clients l’importance du choix des supports d’investissement au sein de ces plans. Trop souvent, les sommes restent placées par défaut sur des fonds monétaires ou sécuritaires, pénalisant la performance sur le long terme. Pour les salariés disposant d’un horizon de placement de dix ans ou plus, une allocation orientée vers des fonds diversifiés, intégrant une composante actions significative, est généralement plus adaptée.