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Face aux incertitudes, les Family Offices misent encore sur le private equity et se replient sur l'Europe

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Le 11e baromètre de l'AFFO réalisé avec EY dépeint des grandes fortunes plus sélectives et plus diversifiées : le non-coté reste leur première classe d'actifs, la fiscalité devient leur première inquiétude, et les capitaux refluent vers l'Europe.
 

Guerres commerciales, tensions géopolitiques, incertitudes budgétaires : l'environnement n'a pas de quoi rassurer les patrimoines les plus importants. Il ne les fait pourtant pas fuir. C'est le principal message du 11e baromètre de l'Association française du family office, réalisé avec EY auprès de professionnels représentant 928 familles, dont près de la moitié gèrent plus de 500 millions d'euros d'actifs et un tiers plus d'un milliard. Loin de se désengager, ces investisseurs maintiennent leurs positions et affinent leurs stratégies.
 

Les facteurs macroéconomiques demeurent le premier moteur des décisions d'investissement, cités par 88 % des répondants, devant les tensions géopolitiques à 73 % et les incertitudes politiques et fiscales à 71 %. Malgré ce climat, 65 % considèrent encore 2026 comme une année d'opportunités. L'instabilité ne freine pas l'investissement, elle pousse les familles à renforcer leur sélectivité et à privilégier les modèles économiques les plus solides, dans une logique de maîtrise du risque plus que de repli.
 

Le non-coté domine, l'Europe reprend la main
Le private equity reste la première classe d'actifs des portefeuilles, avec 34 % des allocations, devant les actions cotées à 23 %, l'immobilier d'investissement à 16 %, les obligations à 12 %, les liquidités à 8 % et les classes alternatives à 7 %. Le non-coté se répartit entre investissement direct, à 14 %, et investissement via des fonds, à 20 %. 

 

Ce dernier canal progresse fortement, de 10 points, quand l'investissement en direct recule de 14 points : les familles cherchent davantage de diversification et d'expertise spécialisée. En 2025, 48 % des répondants ont maintenu leur niveau d'investissement et 36 % l'ont augmenté. Leurs stratégies privilégient les phases de développement, le capital développement pesant 71 % des allocations et les opérations de croissance 58 %, au profit d'entreprises déjà établies plutôt que des paris les plus précoces. 

 

L'engagement reste marqué en faveur des PME, citées par 45 % des répondants, et des ETI, à 36 %.
La géographie des placements se redessine nettement. Les allocations se réorientent vers l'Europe, en hausse de 8 points, au détriment des investissements hors du continent, en recul de 28 points, signe d'une préférence pour des environnements jugés plus stables. Les actions cotées regagnent du terrain, à 23 % des allocations, en progression de 5,7 points, portées surtout par les fonds, qui atteignent 11 % du total. 

 

L'immobilier confirme son redressement à 16 %, après le trou d'air lié à la hausse des taux, et les obligations poursuivent leur remontée à 12 %. Côté secteurs, les technologies s'imposent comme premier choix pour 2026, citées par 73 % des répondants, devant la santé à 48 %, l'innovation étant considérée comme un levier majeur par 86 % d'entre eux. La croissance rentable devient la première thématique d'investissement, à 66 %, devant la recherche de rendement, à 34 %.
 

La fiscalité, nouvelle hantise des grandes fortunes
Si les familles continuent d'investir, elles réclament de la visibilité. La fiscalité devient leur première préoccupation vis-à-vis de leur écosystème, citée par 44 % des répondants, en hausse de 17 points, devant l'accès à l'information et les enjeux réglementaires. 

 

Cette poussée dit l'inquiétude face à un cadre fiscal perçu comme de moins en moins lisible et prévisible. À l'échelle des familles elles-mêmes, la transmission intergénérationnelle reste la première inquiétude, à 72 %, devant les changements de politique fiscale, à 58 %, les enjeux géopolitiques, à 43 %, et la gouvernance familiale, à 38 %. 

 

En parallèle, l'engagement philanthropique se confirme : 57 % des répondants déclarent avoir mis en place une politique dédiée, et la moitié hébergent un fonds de dotation ou une fondation qu'ils financent.
 

« Face à un environnement économique, géopolitique et fiscal plus complexe, les Family Offices démontrent une nouvelle fois leur capacité de résilience », observe Charles-Henri Bujard, président de l'AFFO, qui insiste sur une logique de création de valeur et de transmission de long terme. 

 

Pour Benoît Losfeld, avocat associé chez EY Société d'Avocats, la stabilité fiscale et réglementaire devient centrale pour soutenir durablement l'investissement dans l'économie réelle. Réalisé sur la base d'interviews menées du 5 mars au 5 mai 2026, le baromètre confirme que la prudence des grandes fortunes ne rime pas avec retrait.
 

Source : 11e baromètre de l'AFFO en partenariat avec EY, réalisé auprès de professionnels représentant 928 familles, interviews menées du 5 mars au 5 mai 2026 (communiqué du 1er juillet 2026).