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PER : avant le 31 décembre, ce qui a changé en 2026

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Le plan d’épargne retraite (PER) dépasse 150 milliards d’euros d’encours, alors que près de quatre Français sur dix ignorent la donnée qui décide de son intérêt fiscal. Avant la campagne de fin d’année, trois règles nouvelles concernent certains épargnants, et un plafond de déduction non utilisé disparaît au 31 décembre.
 

« Je commercialise des PER, mais je n’en ai pas souscrit à ce jour. » L’aveu vient de Thomas Perret, cofondateur et directeur général de la fintech Mon Petit Placement, qui en vend. Il accompagne un sondage réalisé par Discurv pour sa société du 8 au 11 octobre auprès de 1 000 personnes. Selon cette enquête, 36 % des Français ne savaient pas que l’épargne placée sur un PER est en principe bloquée jusqu’à la retraite, et 38 % ne connaissent pas leur taux marginal d’imposition (TMI). Parmi les détenteurs, 51 % citent la préparation de la retraite et l’épargne de long terme comme motivation, 22 % seulement l’avantage fiscal.
 

Le produit se porte bien sans eux. D’après la direction générale du Trésor, l’encours atteignait 150,4 milliards d’euros fin 2025, en hausse de 20 % sur l’année, pour 12,9 millions de titulaires, dont 88,5 milliards sur les PER individuels, qui comptent plus de 5 millions de titulaires. L’encours a progressé de 46 % en deux ans. Or tout se joue sur la TMI, car le versement se déduit du revenu imposable et ne donne pas droit à une réduction d’impôt. Un salarié qui a perçu 50 000 € de revenus d’activité en 2025, après déduction de ses frais professionnels, dispose d’un plafond de 5 000 €. S’il verse cette somme, son impôt baisse de 1 500 € dans la tranche à 30 %, de 550 € dans celle à 11 %, et pas du tout s’il n’est pas imposable. Les sommes déduites seront taxées à la sortie.
 

Le plafond 2026 correspond à 10 % des revenus d’activité nets de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €, diminué notamment des cotisations versées à un régime de retraite supplémentaire obligatoire. Une personne sans revenus professionnels, un retraité par exemple, dispose de 4 710 €. L’addition se présente au moment de la retraite. En cas de sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est soumise au barème de l’impôt sur le revenu, et les gains au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, qui intègre depuis le 1er janvier 2026 des prélèvements sociaux portés à 18,6 %. En rente, les sommes sont imposées comme une pension. Un épargnant qui déduit à 11 % et ressort dans la même tranche n’a gagné qu’un report d’impôt.
 

Le reliquat de 2023 tombe le 31 décembre
 

La loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février, porte de trois à cinq ans la durée pendant laquelle un plafond non consommé peut être reporté. La mesure ne joue que pour les plafonds nés à partir de 2026. Ceux de 2024 et 2025 conservent la règle des trois ans, et le reliquat de 2023 sera perdu au soir du 31 décembre 2026. Les versements s’imputent d’abord sur le plafond de l’année, puis sur les reliquats des années précédentes en commençant par le plus ancien : pour profiter du reliquat de 2023, il faut donc verser au-delà du plafond 2026. Le montant disponible figure sur le dernier avis d’impôt, à la rubrique « plafond épargne retraite ». Le premier plafond qui profitera des cinq années, celui de 2026, n’expirera qu’à la fin de 2031 : pour les arbitrages de décembre, la réforme ne change rien.
 

À 70 ans, la déduction s’arrête
 

Le même texte supprime la déduction des versements effectués à partir de 70 ans, depuis le 1er janvier 2026. L’âge s’apprécie à la date de chaque versement. Verser reste possible, et le capital correspondant à ces sommes non déduites ressortira sans impôt sur le revenu, seuls les gains restant taxés. Pour les couples, les commentaires publiés le 10 août au Bulletin officiel des finances publiques (Bofip) précisent que la mise en commun des plafonds reste ouverte l’année des 70 ans de l’un des conjoints, puis disparaît à partir de l’année suivante, y compris pour des plafonds acquis plus tôt.
 

Troisième changement, la loi du 12 juin 2026 sur l’accompagnement des parents d’enfants gravement malades a ajouté un cas de déblocage anticipé, en vigueur depuis le 14 juin : l’affection grave, le handicap ou l’accident d’une particulière gravité d’un enfant à charge. Il vaut pour tous les PER, individuels, collectifs ou obligatoires, et pour les anciens contrats Perp, Madelin et article 83, mais pas pour l’ancien plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco). Le traitement fiscal de ces sorties n’est pas encore détaillé par l’administration. Thomas Perret, lui, rappelle que « le 31 décembre est une échéance fiscale ; il ne dit rien, à lui seul, de la pertinence du PER pour vous ».